Bien que je n’aie jamais été aussi sauvage, ...
Document type :
Compte-rendu et recension critique d'ouvrage
Title :
Bien que je n’aie jamais été aussi sauvage, grossier et mal élevé que vous dans les conversations et les disputes, sachez qu’il m’est arrivé, jadis, d’être tout aussi ignorant
Alternative title :
Stratégies discursives de la polémique scientifique dans le Souper des Cendres de Giordano Bruno
Author(s) :
Salza, Luca [Auteur]
Centre d'Études en Civilisations, Langues et Lettres Étrangères - ULR 4074 [CECILLE]

Centre d'Études en Civilisations, Langues et Lettres Étrangères - ULR 4074 [CECILLE]
Journal title :
Atlante : Revue d'études romanes
Querelles littéraires et disputes politiques : Italie et Espagne XIIIe - XVIIe siècles
Querelles littéraires et disputes politiques : Italie et Espagne XIIIe - XVIIe siècles
Pages :
71-89
Publisher :
Laboratoire CECILLE (Université de Lille) [2014-....]
Publication date :
2015
Keyword(s) :
héliocentrisme
infini
autorité
combat
dialogue
invective
nouvelle philosophie (nova filosofia)
art rhétorique
Agôn
infini
autorité
combat
dialogue
invective
nouvelle philosophie (nova filosofia)
art rhétorique
Agôn
HAL domain(s) :
Sciences de l'Homme et Société/Littératures
Sciences de l'Homme et Société/Philosophie
Sciences de l'Homme et Société/Philosophie
French abstract :
Mon hypothèse consiste à affirmer que la polémique chez Giordano Bruno (1548-1600) n’est jamais contingente. Elle est plutôt la manière dont la pensée s’exprime. J’entends ainsi affirmer que toute sa philosophie est une ...
Show more >Mon hypothèse consiste à affirmer que la polémique chez Giordano Bruno (1548-1600) n’est jamais contingente. Elle est plutôt la manière dont la pensée s’exprime. J’entends ainsi affirmer que toute sa philosophie est une philosophie de combat. Pour étayer cette thèse, je me concentre sur le Souper des Cendres, un dialogue dans lequel Bruno, en 1584, expose et défend les positions de Copernic. C’est parce qu’il embrasse une nouvelle théorie que Bruno, tout comme Galilée peu de temps après, doit descendre dans l’« agôn ». En effet, l’héliocentrisme secoue toute l’architecture traditionnelle de la culture (et de la société), surtout dans l’interprétation qu’en offre ce dialogue. Bruno n’abolit pas seulement la centralité de la Terre, mais aussi celle de n’importe quel corps. La théorie de Copernic, selon Bruno, entraîne l’éclatement de l’univers : tout point devient un centre, l’univers est infini et multiple. Or, la polémique avec le système de pensée du passé (incarné par deux personnages ridicules et violents du dialogue) ne présuppose aucun échange. Le dialogue, chez Bruno, et chez Galilée, n’est pas la mise en scène d’une confrontation dialectique, mais l’occasion parfois de ridiculiser, voire d’invectiver, ses adversaires, afin d’affirmer la supériorité des nouvelles vérités. Plus précisément, on verra que le dialogue de Bruno, à la différence de ce qui se passe chez Galilée, ne lui permet pas de constituer une communauté intellectuelle d’amis. Bruno demeure un solitaire et son dialogue prend acte de l’impossibilité de la communication.Show less >
Show more >Mon hypothèse consiste à affirmer que la polémique chez Giordano Bruno (1548-1600) n’est jamais contingente. Elle est plutôt la manière dont la pensée s’exprime. J’entends ainsi affirmer que toute sa philosophie est une philosophie de combat. Pour étayer cette thèse, je me concentre sur le Souper des Cendres, un dialogue dans lequel Bruno, en 1584, expose et défend les positions de Copernic. C’est parce qu’il embrasse une nouvelle théorie que Bruno, tout comme Galilée peu de temps après, doit descendre dans l’« agôn ». En effet, l’héliocentrisme secoue toute l’architecture traditionnelle de la culture (et de la société), surtout dans l’interprétation qu’en offre ce dialogue. Bruno n’abolit pas seulement la centralité de la Terre, mais aussi celle de n’importe quel corps. La théorie de Copernic, selon Bruno, entraîne l’éclatement de l’univers : tout point devient un centre, l’univers est infini et multiple. Or, la polémique avec le système de pensée du passé (incarné par deux personnages ridicules et violents du dialogue) ne présuppose aucun échange. Le dialogue, chez Bruno, et chez Galilée, n’est pas la mise en scène d’une confrontation dialectique, mais l’occasion parfois de ridiculiser, voire d’invectiver, ses adversaires, afin d’affirmer la supériorité des nouvelles vérités. Plus précisément, on verra que le dialogue de Bruno, à la différence de ce qui se passe chez Galilée, ne lui permet pas de constituer une communauté intellectuelle d’amis. Bruno demeure un solitaire et son dialogue prend acte de l’impossibilité de la communication.Show less >
Language :
Français
Popular science :
Non
Source :
Files
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