L’état et l'entreprise
Document type :
Ouvrage (y compris édition critique et traduction)
DOI :
Permalink :
Title :
L’état et l'entreprise
Alternative title :
Une histoire de la normalisation comptable et fiscale à la française
Author(s) :
Issue number :
Histoire
Publisher :
PUR Presse Universitaire de Rennes
Publication place :
Rennes
Publication date :
2011
Number of pages :
384
ISBN :
978-2-7535-1357-0
ISSN :
1255-2364
HAL domain(s) :
Sciences de l'Homme et Société/Histoire
French abstract :
Quand, comment et pourquoi les entreprises privées ont-elles accepté de se plier à des normes pour tenir leurs comptes ? La question mérite d’autant plus d’être posée que ces normes sont définies hors des cercles patronaux, ...
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English abstract : [en]
When, how and why did private companies agree to comply with standards for keeping their accounts? The question is all the more worth asking given that these standards are defined outside employers' circles, by a State ...
Show more >When, how and why did private companies agree to comply with standards for keeping their accounts? The question is all the more worth asking given that these standards are defined outside employers' circles, by a State whose grip they constantly denounce, by the tax authorities they distrust and by an accounting profession they have long despised. So what arguments convinced France's political leaders and employers' organisations of the need to sacrifice some of the autonomy of private enterprise? To what extent did this standardisation facilitate business management and promote knowledge of economic activities? The author explains this conversion by outlining its stages between the First World War and the beginning of the Fifth Republic. Detailing the process of the gradual introduction of numerical representations among a number of players (a calculating nebula that became a network) determined to understand and frame economic reality, she describes the transition from a "France of words" to a "France of figures". The process examined cuts across the divides and overturns the economic and political chronology of contemporary France. It is based on a succession of political compromises between three often antagonistic entities: the State and its representatives committed to the introduction of a modern tax system, employers' organisations seeking to limit tax deductions, and the accounting profession eager to assert itself. Its slowness, implications and limitations are true markers of economic modernisation. Defined by Vichy, the first general chart of accounts and the order of chartered accountants and certified accountants survived the Liberation. French-style standardisation" had begun, but it was not until the end of the Fourth Republic that the political authorities decided to impose it, and then not until the beginning of the Fifth Republic that the obligation became effective. The 1965 decree required companies to declare their profits in accordance with the general chart of accounts. Despite resistance from employers, who delayed the widespread introduction of business plans until the mid-1970s, the process had become irreversible.Show less >
Show more >When, how and why did private companies agree to comply with standards for keeping their accounts? The question is all the more worth asking given that these standards are defined outside employers' circles, by a State whose grip they constantly denounce, by the tax authorities they distrust and by an accounting profession they have long despised. So what arguments convinced France's political leaders and employers' organisations of the need to sacrifice some of the autonomy of private enterprise? To what extent did this standardisation facilitate business management and promote knowledge of economic activities? The author explains this conversion by outlining its stages between the First World War and the beginning of the Fifth Republic. Detailing the process of the gradual introduction of numerical representations among a number of players (a calculating nebula that became a network) determined to understand and frame economic reality, she describes the transition from a "France of words" to a "France of figures". The process examined cuts across the divides and overturns the economic and political chronology of contemporary France. It is based on a succession of political compromises between three often antagonistic entities: the State and its representatives committed to the introduction of a modern tax system, employers' organisations seeking to limit tax deductions, and the accounting profession eager to assert itself. Its slowness, implications and limitations are true markers of economic modernisation. Defined by Vichy, the first general chart of accounts and the order of chartered accountants and certified accountants survived the Liberation. French-style standardisation" had begun, but it was not until the end of the Fourth Republic that the political authorities decided to impose it, and then not until the beginning of the Fifth Republic that the obligation became effective. The 1965 decree required companies to declare their profits in accordance with the general chart of accounts. Despite resistance from employers, who delayed the widespread introduction of business plans until the mid-1970s, the process had become irreversible.Show less >
Language :
Français
Audience :
Internationale
Popular science :
Non
Administrative institution(s) :
Université de Lille
CNRS
CNRS
Submission date :
2023-09-22T10:21:52Z
2023-10-12T08:40:24Z
2023-10-12T08:40:24Z