La “pensée unique” entre mythe politique ...
Type de document :
Partie d'ouvrage: Chapitre
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Titre :
La “pensée unique” entre mythe politique et slogan mobilisateur
Auteur(s) :
Kaciaf, Nicolas [Auteur]
Centre d'Etudes et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales - UMR 8026 [CERAPS]

Centre d'Etudes et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales - UMR 8026 [CERAPS]
Titre de l’ouvrage :
Les dimensions émotionnelles du politique. Chemins de traverses avec Philippe Braud
Pagination :
p. 225-240
Éditeur :
Presses Universitaires de Rennes
Lieu de publication :
Rennes
Date de publication :
2012-08-22
ISBN :
2753520216
Mot(s)-clé(s) :
Pensée unique
Luttes symboliques
Espace public
Slogans politiques
Mythes politiques
Luttes symboliques
Espace public
Slogans politiques
Mythes politiques
Discipline(s) HAL :
Sciences de l'Homme et Société/Science politique
Résumé :
Depuis le milieu des années 1990, on ne compte plus les professionnels de la politique français qui se sont posés en pourfendeurs de la « pensée unique ». En fustigeant le consensus qui règnerait dans les milieux dirigeants, ...
Lire la suite >Depuis le milieu des années 1990, on ne compte plus les professionnels de la politique français qui se sont posés en pourfendeurs de la « pensée unique ». En fustigeant le consensus qui règnerait dans les milieux dirigeants, ces personnalités ont pu valoriser l’apparente hétérodoxie de leurs idées, en appeler à une rupture avec les politiques jusqu’ici mises en œuvre ou se présenter comme un recours nécessaire pour redresser le pays. Malgré leur critique commune de la « pensée unique », ils ne se réfèrent cependant pas aux mêmes réalités : la pensée unique « néolibérale » des uns n’est évidemment pas la pensée unique « droit-de-l’hommiste » des autres. Les origines et les contours ont ainsi suscité d’intenses polémiques dans les espaces politiques, journalistiques et académiques. Cet article ne vise pas à prendre part à ces querelles qui, d’une certaine manière, actualisent des débats anciens. Car avant d’être une réalité observable, la « pensée unique » constitue surtout un slogan utilisé par des locuteurs situés socialement et politiquement. Analyser la « pensée unique » revient alors à se pencher sur la formule elle-même à partir d’une question relativement simple : comment expliquer son succès dans le débat public français des quinze dernières années ? Plus précisément, quelles sont les conditions, sociopolitiques et/ou sociolinguistiques, qui ont rendu possible la rapide circulation de la formule dans l’espace public ? Nous faisons l’hypothèse que la focalisation sur la « pensée unique » est significative d’un processus d’euphémisation de la violence symbolique que s’autorisent les acteurs des luttes politiques dans leur désignation de l’adversaire. Ainsi, après avoir opéré une brève généalogie de l’expression, il convient de départager deux des scénarios susceptibles d’expliquer sa récurrente utilisation depuis le milieu des années 1990. On se penche d’abord sur les logiques externes de son efficacité symbolique : la formule a « marché » parce qu’elle aurait entretenu des mythologies attractives dans un contexte d’effritement de certaines croyances politiques. On se demande ensuite si les conditions de réussite de l’expression peuvent être identifiées, moins dans le signifié, que dans le signifiant lui-même et, plus précisément, dans son format. Ce questionnement des logiques internes de l’expression « pensée unique » reviendra à interroger les ressources que peut apporter une formule dans une configuration politique donnée.Lire moins >
Lire la suite >Depuis le milieu des années 1990, on ne compte plus les professionnels de la politique français qui se sont posés en pourfendeurs de la « pensée unique ». En fustigeant le consensus qui règnerait dans les milieux dirigeants, ces personnalités ont pu valoriser l’apparente hétérodoxie de leurs idées, en appeler à une rupture avec les politiques jusqu’ici mises en œuvre ou se présenter comme un recours nécessaire pour redresser le pays. Malgré leur critique commune de la « pensée unique », ils ne se réfèrent cependant pas aux mêmes réalités : la pensée unique « néolibérale » des uns n’est évidemment pas la pensée unique « droit-de-l’hommiste » des autres. Les origines et les contours ont ainsi suscité d’intenses polémiques dans les espaces politiques, journalistiques et académiques. Cet article ne vise pas à prendre part à ces querelles qui, d’une certaine manière, actualisent des débats anciens. Car avant d’être une réalité observable, la « pensée unique » constitue surtout un slogan utilisé par des locuteurs situés socialement et politiquement. Analyser la « pensée unique » revient alors à se pencher sur la formule elle-même à partir d’une question relativement simple : comment expliquer son succès dans le débat public français des quinze dernières années ? Plus précisément, quelles sont les conditions, sociopolitiques et/ou sociolinguistiques, qui ont rendu possible la rapide circulation de la formule dans l’espace public ? Nous faisons l’hypothèse que la focalisation sur la « pensée unique » est significative d’un processus d’euphémisation de la violence symbolique que s’autorisent les acteurs des luttes politiques dans leur désignation de l’adversaire. Ainsi, après avoir opéré une brève généalogie de l’expression, il convient de départager deux des scénarios susceptibles d’expliquer sa récurrente utilisation depuis le milieu des années 1990. On se penche d’abord sur les logiques externes de son efficacité symbolique : la formule a « marché » parce qu’elle aurait entretenu des mythologies attractives dans un contexte d’effritement de certaines croyances politiques. On se demande ensuite si les conditions de réussite de l’expression peuvent être identifiées, moins dans le signifié, que dans le signifiant lui-même et, plus précisément, dans son format. Ce questionnement des logiques internes de l’expression « pensée unique » reviendra à interroger les ressources que peut apporter une formule dans une configuration politique donnée.Lire moins >
Langue :
Français
Audience :
Internationale
Vulgarisation :
Non
Établissement(s) :
CNRS
Université de Lille
Université de Lille
Collections :
Date de dépôt :
2019-10-29T11:37:54Z
2024-02-13T13:46:09Z
2024-02-13T13:46:09Z
Fichiers
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