Concepts juridiques et probabilistes chez Leibniz
Type de document :
Compte-rendu et recension critique d'ouvrage
Titre :
Concepts juridiques et probabilistes chez Leibniz
Auteur(s) :
Titre de la revue :
Revue d'Histoire des Sciences
Éditeur :
Armand Colin
Date de publication :
1993
ISSN :
0151-4105
Mot(s)-clé(s) en anglais :
Leibniz Probabilités
Discipline(s) HAL :
Sciences de l'Homme et Société/Philosophie
Mathématiques [math]
Mathématiques [math]/Probabilités [math.PR]
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Résumé en anglais : [en]
L'article étudie, à travers les travaux leibniziens de rationalisation de la jurisprudence, la contribution, récemment mise en évidence par plusieurs historiens des sciences, des concepts juridiques à la constitution des ...
Lire la suite >L'article étudie, à travers les travaux leibniziens de rationalisation de la jurisprudence, la contribution, récemment mise en évidence par plusieurs historiens des sciences, des concepts juridiques à la constitution des concepts probabilistes. Le point de départ de notre analyse est la confrontation de l'entreprise leibnizienne avec la hiérarchie des degrés de preuve élaborée au Moyen Age dans le cadre du droit savant, puis sa contribution à la rationalisation de nouveaux « contrats aléatoires ». Il apparaît que le rôle des concepts et des méthodes juridiques ne se borne pas à la définition des concepts, mais réside également dans l'élaboration de techniques opératoires spécifiques, de fractionnement et de composition des droits, montrant le rôle indispensable des fictions dans la constitution de la rationalité juridique. Ces techniques que Leibniz met notamment en œuvre dans une lettre au philosophe Christian Wolff publiée dans les Acta Eruditorum, expliquent qu'il puisse définir la probabilité comme un droit et en faire plus volontiers l'objet d'une estimation que d'un calcul. Concepts et techniques juridiques confèrent ainsi à la conception leibnizienne de la probabilité une « objectivité juridique » qui, contournant la probabilisation a priori et l'équiprobabilité, lui permet d'échapper à l'alternative objectif/subjectif, mais tendent à faire de la théorie du probable une entreprise débordant largement le cadre d'un calcul. Enfin, replacée dans l'ensemble de la philosophie leibnizienne, l'opposition entre calcul et estimation éclaire la différence entre les notions de maximum et d'optimum.Lire moins >
Lire la suite >L'article étudie, à travers les travaux leibniziens de rationalisation de la jurisprudence, la contribution, récemment mise en évidence par plusieurs historiens des sciences, des concepts juridiques à la constitution des concepts probabilistes. Le point de départ de notre analyse est la confrontation de l'entreprise leibnizienne avec la hiérarchie des degrés de preuve élaborée au Moyen Age dans le cadre du droit savant, puis sa contribution à la rationalisation de nouveaux « contrats aléatoires ». Il apparaît que le rôle des concepts et des méthodes juridiques ne se borne pas à la définition des concepts, mais réside également dans l'élaboration de techniques opératoires spécifiques, de fractionnement et de composition des droits, montrant le rôle indispensable des fictions dans la constitution de la rationalité juridique. Ces techniques que Leibniz met notamment en œuvre dans une lettre au philosophe Christian Wolff publiée dans les Acta Eruditorum, expliquent qu'il puisse définir la probabilité comme un droit et en faire plus volontiers l'objet d'une estimation que d'un calcul. Concepts et techniques juridiques confèrent ainsi à la conception leibnizienne de la probabilité une « objectivité juridique » qui, contournant la probabilisation a priori et l'équiprobabilité, lui permet d'échapper à l'alternative objectif/subjectif, mais tendent à faire de la théorie du probable une entreprise débordant largement le cadre d'un calcul. Enfin, replacée dans l'ensemble de la philosophie leibnizienne, l'opposition entre calcul et estimation éclaire la différence entre les notions de maximum et d'optimum.Lire moins >
Langue :
Français
Vulgarisation :
Non
Collections :
Source :